La droite battue ils veulent nous imposer le silence

Lors du premier tour des élections départementales, nous présentions une liste Front de Gauche et citoyens contre la droite, le FN et le PS. La campagne menée a permis de battre l’UMP, le FN et de recueillir plus de 21% des suffrages sur la circonscription de Bagnolet, Les Lilas, Romainville. Les forces étaient disponibles pour une mobilisation citoyenne alternative, de progrès et de lutte contre l’austérité.

Les citoyens avaient clairement affichés leur choix pour un deuxième tour opposant deux politiques nettement différentes, celle du PS et celle du FDG. Mais un accord politicien entre la direction départementale du PCF, le PS, ses satellites et EELV est intervenu pour priver les citoyens d’un second tour. Cet accord prévoit le désistement des candidats arrivés seconds, même lorsque la droite a été éliminée.

Car au nom de la menace de droite dans le département, dont les socialistes sont directement responsables, la direction départementale du PCF, avant même la consultation de ses militants, et sans discussion préalable avec ses partenaires, a accepté les injonctions du PS à se désister partout où le FDG n’était pas en tête. Y compris là où nous avions battu la droite.

Avec tous mes camarades du Parti de Gauche, nous avons immédiatement condamné cet accord vain et insensé. Il est donc loin de rassembler toutes les forces de gauche. De quoi les socialistes avaient-ils peur? Ont-ils à ce point régressé en matière démocratique pour refuser le débat à gauche? De bien sinistres habitudes semblent prises lorsqu’on prend gout à être élu dès le premier tour.

Avec un score de 21% nous avions battu la droite et éliminé le Front National. C’était une magnifique victoire. En tant que candidat lilasien, j’étais fier de voir que nous avons su, en si peu de temps, reconstruire et convaincre. Nous progressons de 230 voix sur notre ville pour retrouver un niveau de soutien équivalent à celui de 2012 aux législatives. Pour cela merci à ceux qui ont voté.

Mais je dois aussi vous dire ma colère et combien je déplore qu’une minorité ait confisqué le juste et légitime débat démocratique qui nous revenait. Celui conquit en mettant un bulletin FDG dans l’urne, le débat républicain qui oppose au second tour deux projets : l’un de progrès social et écologique, l’autre d’austérité avec ceux qui se revendiquent encore abusivement de la gauche. N’avions-nous pas le droit, sur notre circonscription, de porter des mesures de renforcement des services publics contre leurs privatisations, de démocratie, de résistance à l’austérité et à la misère dans laquelle nous entrainent les politiques du PS ?

Je veux dire aux militants communistes le plaisir que j’ai eu, avec mes camarades du PG, à faire cette campagne avec eux, à reconstruire et à dépasser nos désaccords. Mais je veux aussi leur dire que se désister dans les cantons où il n’y a pas de risque de droite est inexplicable, injustifiable et que très nombreux sont ceux qui se sentent trahis par la confiscation de leur droit à la démocratie politique. Les rangs du Front de Gauche ont à nouveau été rompus. Cet accord nourrit l’abstention. C’est un immense gâchis. Battre la droite aurait du être une discussion ouverte. Mais quel est le sens de cette question là où notre force est justement de l’avoir déjà battue ?

Pour ma part, je ne laisserai personne nous faire taire. Soyez certains, chers lilasiens et chères lilasiennes, ami-e-s et camarades, que votre soutien n’a pas été vain et que les engagements que j’ai pris avec mes camardes du Parti de Gauche, d’autonomie face aux forces austéritaires, de conquêtes sociales, écologiques et démocratiques, nous les respecterons toujours. Pour cela, nous avons besoin d’être forts collectivement contre les compromissions. Ne nourrissons pas les rangs de l’abstention, c’est ce qu’ils veulent. Ne nous résignons pas, renforçons les rangs des citoyens qui disent stop aux discussions politiciennes et qui se battent pour la conquête d’un programme citoyen, exigeant, celui de nos jours heureux, pour nous, le peuple.